Suite de la prospective pour la deuxième moitié de 2012 (première partie à lire ici) avec cette fois-ci 12 groupes dont on pourrait espérer un nouveau disque avant la fin de l’année, en tous cas je l’espère. Certains semblent probables, d’autres moins, dans tous les cas ils seraient les bienvenus. Continue reading
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Dossier : Fast forward to (the 2nd half of) 2012, part 1
Nous voilà déjà arrivés à la moitié de l’année. Pas forcément une mauvaise nouvelle étant donné le froid qu’il a fait cet hiver, en tous cas à Paris… Je suis donc bien content de voir arriver l’été qui sera pour moi l’occasion de retrouver soleil, océan, copains, fêtes et piscine. Mais qui dit « été » dit « album de l’été« , un titre que les groupes (généralement pop-punk) sont nombreux à se disputer. Les sorties du style ne semblent pas embouteiller cette année, mais la seconde moitié de 2012 nous réserve quand même du lourd sur le papier, tous genres confondus. Petite prospective de ce qui nous attend jusqu’à l’arrivée de 2013 avec ma sélection de disques que j’attends le plus. Voici la première partie avec 12 groupes dont la sortie est confirmée. 12 autres que l’on peut espérer suivront.
EDIT : Deuxième partie à lire ici. Continue reading
Dossier : rétrospective 2011 (4e et dernière partie)
Tout le monde semble s’accorder pour dire que 2011 fut une grande année en termes de productions musicales. Mais au-delà des sorties de disques, l’année eut son lot de changements, de modes, d’évènements plus ou moins joyeux pour la scène alternative, qu’ils soient, disons micros (quel journaliste musical s’est ému du split de Snowing ? Quel journaliste musical connaît Snowing, pour commencer ?) ou macros (OMGNEWBLINK182CD!!!!). Retour sur une année chargée.
4ème et dernière partie : l’industrie trouve un équilibre fragile
2011 a vu, pour la première fois depuis 2004, les ventes globales de musique progresser par rapport à l’année précédente. Des chiffres qui donnent un peu d’air à une industrie qui reste malgré tout dans le brouillard, à l’image des majors qui, cette année encore, ont continué de considérer Internet comme une dangereuse masse sombre.
Grâce aux Adele, Rihanna et autres Gaga, les ventes de musique ont augmenté de 6,9% en 2011. Une première depuis 2004 qui avait marqué le début d’un déclin qui durera six ans. 1,6 milliard d’achats musicaux ont été effectués en 2011, contre 1,51 l’année précédente. Aux États-Unis, les ventes d’albums ont progressé de 1,4%, terminant à l’année à 330,6 millions de copies. En France, si on sait déjà qui a vendu le plus (Adele, battant les records cette année), on attend toujours les chiffres globaux. Enfin, le nombre de nouvelles sorties (qui ne comptabilise évidemment pas les auto-productions) a continué d’augmenter (2,2%), s’élevant à 76 875.
Autre statistique majeure, pour la première fois dans l’histoire de l’industrie, les ventes digitales ont dépassé les ventes physiques. Contrairement aux prédictions qui annonçaient cet évènement pour 2012, les MP3 ont représenté 50,3% des ventes de l’année, en progression de 8,4%, tandis que les ventes physiques diminuaient encore de 5%. En additionnant les ventes digitales de titres à l’unité et d’albums (sur la base qu’un album correspond à 10 titres), 230,2 millions d’albums en MP3 se sont vendus, tandis que le nombre d’albums CD écoulés tombe à 223,5 millions.
Le CD poursuit sa baisse. Une baisse qui, il fallait bien que ça arrive, commence à se stabiliser puisqu’elle fut de « seulement » -5,7% en 2011. Une descente moins raide en comparaison aux -20% de moyenne des quatre dernières années. Ça n’a pas empêché certains à affirmer que la production de CD serait définitivement stoppée en 2012. Une analyse que tout le monde est loin de partager, rien d’officiel n’ayant été annoncé et aucune info n’étant sortie des majors. L’exception vient du Royaume-Uni, où les ventes de CD ont cette année encore représenté plus des 3/4 des ventes.
La bonne nouvelle de l’année, c’est le retour en force du vinyle qui prend encore plus d’ampleur. Alors que l’on craignait que le revival du microsillon retombe déjà après quatre années de succès, les chiffres tombés en décembre traduisent un enthousiasme au contraire bien actuel pour le vinyle : près de 40% d’augmentation des ventes en 2011, le nombre de copies montant juste en dessous des 4 millions (le plus vendu étant le King of the Limbs de Radiohead). Soit 2,8 millions de plus qu’en 2010. Malgré un Record Store Day 2011 flamboyant, cette croissance fulgurante est notamment due à une démocratisation du format chez les gros distributeurs (quasiment toutes les grosses sorties d’albums sont aujourd’hui pressées en vinyle) et plus seulement aux magasins indépendants.
En revanche, il est clair que 2011 ne fut pas l’année du rock dans les charts. Certes, dans la catégorisation faite par Billboard, le genre « Rock » est celui qui a connu la plus forte progression en ventes cette année (sans compter les sous-genres, la palme allant à l’electro/dance) avec 105,7 millions de copies vendues, une hausse de 1,9%. Mais ne croyez pas pour autant que vous trouverez vos groupes préférés dans le classement des plus gros vendeurs. Seuls Mumford & Sons, Coldplay et Foo Fighters se placent dans les hautes sphères du classement, avec malgré tout des scores assez décevants. Ne parlons même pas de blink-182 qui calent à la 138ème place du top albums. La seule bonne surprise du genre vient du duo blues rock américain The Black Keys qui auront écoulé en 2011 un peu moins de 40 000 exemplaires de leur septième album El Camino.
La petite hype de l’année, c’est la cassette. Mais si, vous savez, la K7. Ce format introduit en 1963 n’a certes jamais véritablement cessé d’exister, surtout au sein de la scène punk dont il est fortement ancré dans l’histoire. Mais 2011 aura vu nombre de petits groupes se lancer dans le format cassette, notamment pour sortir leur demo. Objet chouette ou de totale branlette, le pressage cassette convient cependant peu aux tirages en grande quantité : son aspect peu pratique, sa qualité sonore aléatoire, sa durée de vie limitée et son artwork riquiqui la limitent largement à un microcosme branchouille ou attachée de façon affective à ce format.
Dossier : rétrospective 2011 (3e partie)
Tout le monde semble s’accorder pour dire que 2011 fut une grande année en termes de productions musicales. Mais au-delà des sorties de disques, l’année eut son lot de changements, de modes, d’évènements plus ou moins joyeux pour la scène alternative, qu’ils soient, disons micros (quel journaliste musical s’est ému du split de Snowing ? Quel journaliste musical connaît Snowing, pour commencer ?) ou macros (OMGNEWBLINK182CD!!!!). Retour sur une année chargée.
3ème partie :

Birds In Row.
(Photo par Ricky_photographe)
EN FRANCE, L’UNDERGROUND SAUVE LA MISE
Comme à son habitude, la France n’a, cette année encore, pas brillé par sa présence sur la scène alternative. Le Brand New français n’est toujours pas là et c’est pourtant bien dans la première partie des années 2000 que les scene kids français se trouvent encore en se rendant en masse, cette année encore, à ce genre de concert alors que d’autres comme celui-ci, d’une orga pourtant similaire, faisait peine à voir de par l’absence de public.
Heureusement, l’underground remonte largement le niveau. Un trio magistral a dominé l’année hexagonale avec trois disques qui méritent largement que vous y jetiez une oreille si ce n’est déjà fait. Birds In Row d’abord, le trio crust/hardcore signant un des EP de l’année avec l’immense Cottbus qui leur permettra d’intégrer Deathwish, label de Jacob Bannon de Converge (soit DIEU pour eux). Une première bien méritée étant tant le talent, la passion et l’éthique des trois Lavallois ne sont plus à prouver. 12XU ensuite. Un superbe premier album et des performances live rares mais divines valent aux ex-membres de Daïtro (monument du screamo français) une entrée fracassante dans le top des groupes français en activité. Il n’en est pas moins de l’autre projet des ex-Daïtro, Bâton Rouge. Plus emo que 12XU mais toujours aussi post-punk, leur premier LP Fragments d’Eux-Mêmes est un bijou de finesse et de sensibilité et finit de loin en tête de mes disques français préférés de 2011. Le 7″ sorti à la rentrée vaut lui aussi son pesant de cacahuètes. Ils ne furent pas les seuls à briller : Kickback a encore mis le reste de la scène hardcore au tapis avec Et le Diable Rit Avec Nous, tandis que les premières sorties de Youth Avoiders, Sport et Death Mercedes (avec des ex-membres d’Amanda Woodward, Ravi, L’Homme Puma et Sickbag) ont chacun de leur côté prouvé qu’ils faudrait les suivre dans les mois à venir.
Évoquons rapidement l’essoufflement (relatif) des organisations de concerts D.I.Y. à Paris, la scène locale souffrant d’une trop forte segmentarisation de ses publics, créant en son sein un grand nombre de divisions et de vases peu communicants. Le punk 80′s fut à la fête, mais le reste eut du mal à s’implanter dans la capitale. En province, alors que Toulouse et Nice vivent à un rythme bien plus calme qu’il y a quelques années, Bordeaux profite toujours d’une communauté resserrée autour d’une poignée d’orgas motivées et la Bretagne et la Normandie continuent de proposer pas mal de dates de qualité en punk et en hardcore.

Le site communautaire Kickstarter.
KICKSTARTER, LE CONCEPT QUI DIVISE
Pendant que les majors continuent de perdre du temps, de l’argent et du talent en voyant toujours Internet comme une sombre masse maléfique, les idées fleurissent pour trouver de nouveaux moyens pour les fans de rémunérer et soutenir directement leurs artistes préférés (voir l’interface de magasin en ligne Bigcartel et la plate-forme de streaming et vente en ligne Bandcamp, qui a enregistré pas moins d’un million de dollars d’achats de musique rien qu’au moins de décembre).
Kickstarter est un site américain de financement collaboratif. Ouvert à tous par un système de sponsoring, son concept permet à des projets d’être financés par des Internautes qui, en échange de leur participation financière à la création, sont récompensés de diverses façons par l’instigateur du projet selon la somme donnée.
Kickstarter ne date pas de 2011, il a été créé en avril 2009. Mais c’est bien en 2011 que le site a pris de l’ampleur et notamment au sein de la scène musicale. Nombreux sont les artistes qui auront cette année demandé l’aide de leurs fans pour financer une tournée, un enregistrement studio, l’achat d’un van ou autre en échange de goodies, merchandising, objets dédicacés, rencontres privées, appels téléphoniques et autres récompenses plus ou moins farfelues et gratifiantes. Citons par exemple Circle Takes The Square, Living With Lions, RVIVR, Kevin Seconds (7Seconds), Gatsby’s American Dream, Matt Pryor (The Get Up Kids), The Forecast, The Riot Before, Dave Smalley (DYS, Dag Nasty, All), The Audition, The Graduate ou encore Cassino. Des groupes et artistes d’horizons plutôt différents.
Le concept n’est pas nouveau, surtout dans la scène punk où le principal soutien pour les groupes est toujours venu directement de leur fanbase, notamment au travers des vinyles, des tournées et du merch. Mais demander de façon aussi explicite l’argent d’inconnus pour un futur projet a quelque chose de quasi-révolutionnaire. Kickstarter est un nouveau moyen pour les petits groupes de partir sur la route, de produire un disque que les labels seraient réticents à financer, d’éviter les modèles de business préconçus par l’industrie. Le site, même si ce n’était pas son but premier, participe ainsi à une certaine conservation de la scène et à son développement. Sans aucun intermédiaire, le groupe peut également offrir à ses fans quelque chose d’original et d’unique, que ce soit une conversation sur Skype, une chanson personnalisée ou un concert privé (là il faut généralement avoir le porte-monnaie qui suit).
Mais Kickstarter (ou d’autres sites similaires ouverts depuis) n’incite-t-il pas certains groupes à éviter de nombreux désagréments, celui de trouver un job pour payer le studio, de démarcher les labels pour financer un disque, de travailler dur à composer quelque chose qui soit d’assez bonne qualité pour leur permettre de prendre la route ? Cette possible solution de facilité et d’économie d’effort et d’argent pour l’artiste a fait sortir certains de leurs gonds, dont le très respecté booking agent de Long Island Neil Rubenstein (Taking Back Sunday, Glassjaw). Un artiste doit travailler dur pour mériter de mener la vie dont il rêve et vivre de sa passion, tout le monde est d’accord là-dessus. La question est de savoir si les groupes ayant recours à ce concept le font par facilité ou par contrainte.
Lorsqu’un tel financement permet à des artistes de réaliser un projet qu’ils n’auraient pu mettre en place autrement, le choix ne semble pas opportuniste mais judicieux. Surtout que les fans semblent enthousiastes face à cette idée. Plus de 3 lecteurs de Punknews sur 4 voient d’un bon œil le concept initié par Kickstarter. La fainéantise aiguë ou le « profitarisme » ne semblent pas encore caractériser, aux yeux des fans, les artistes les sollicitant. Reste que l’initiative surprend lorsqu’elle vient d’un groupe prônant des valeurs ultra-Do It Yourself… Le topic « débat » ouvert sur AbsolutePunk à ce sujet vous aidera peut-être à vous faire un avis.
Dossier : rétrospective 2011 (2e partie)
Tout le monde semble s’accorder pour dire que 2011 fut une grande année en termes de productions musicales. Mais au-delà des sorties de disques, l’année eut son lot de changements, de modes, d’évènements plus ou moins joyeux pour la scène alternative, qu’ils soient, disons micros (quel journaliste musical s’est ému du split de Snowing ? Quel journaliste musical connaît Snowing, pour commencer ?) ou macros (OMGNEWBLINK182CD!!!!). Retour sur une année chargée.
2ème partie : une année de reformations avec son lot de séparations

blink-182
UNE ANNÉE DE REFORMATIONS
Qu’on les adore, qu’on les déteste ou qu’on se situe entre les deux (ce qui est mon cas), difficile de passer à côté du retour de blink-182. Le célèbre trio californien a sorti cette année Neighborhoods, leur premier disque depuis 2003 et leur hiatus deux ans plus tard. Mark, Tom et Travis forment incontestablement une des formations les plus importantes et les plus influentes de la scène punk et la sortie de ce sixième album fut bien évidemment un des évènements les plus marquants de l’année, malgré la tiède réception qui la suivit.
blink-182 ne furent pas les seuls à reprendre du service en 2011. Les réunions furent en effet légion cette année, du hardcore au pop-punk en passant par l’emo et l’alternative rock. Au rayon des retours gagnants, les très attendus Hot Water Music ont réapparu avec un nouveau 7″ dans les poches et occuperont sans doute le haut de l’affiche avec leur nouvel album cette année. I Am The Avalanche, groupe de Vinnie Caruana de The Movielife, n’avaient quant à eux pas splitté mais sont revenus en force avec un deuxième et bien meilleur album après six ans d’attente. Long Island toujours, Taking Back Sunday avaient créé la surprise en 2010 en annonçant le retour du line-up de l’époque Tell All Your Friends, une annonce qui en avait fait plus saliver plus d’un. Malheureusement nombreux sont ceux qui sont restés sur leur faim à l’écoute de l’album. Les plus jeunes se sont eux ravis du retour de Yellowcard après trois années de break, tandis que les plus vieux se sont jetés sur le nouvel EP des pionniers du punk washingtonien Scream, près de 20 ans après leur dernier album et 30 tout rond après leur création. Sept titres enregistrés dans le studio de Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters) qui fit partie du groupe de 1986 à 1990.
D’autres ont succombé à la tentation du reunion show mais nous feront encore patienter pour entendre le résultat studio : The Early November, Boysetsfire, Fairweather, Further Seems Forever, Sparta, ou encore Verse. Et enfin il y a ceux qui s’en sont tenus au plaisir de remonter sur scène, d’American Nightmare à The Promise Ring en passant par pg.99, Black Flag, Penfold, The Movielife ou Hot Snakes. Une chance pour tous ceux qui étaient trop jeunes ou passés à côté de ces excellents groupes de les voir sur scène.

Thrice et Thursday.
…AVEC SON LOT DE SÉPARATIONS
Malheureusement, à chaque année son nombre de hiatus, de splits et de séparations plus ou moins définitives. Cette année ne fut pas exception, au contraire, puisque deux des plus grands groupes de la scène alternative des années 2000 ont décidé de s’arrêter, au moins pour un temps : Thrice et Thursday. Les deux groupes post-hardcore devenus de véritables hybrides alt rock ont mis fin à leur discographie exemplaire. Les premiers parlent d’un break pour un temps, les seconds de la fin définitive de leur formation telle qu’on l’a connue. Leur empreinte sur les groupes d’aujourd’hui est déjà indéniable, parions qu’elle n’est pas prête de s’effacer.
Dans les autres séparations les plus regrettés, on n’oubliera pas la fin d’Alexisonfire qui, malgré des derniers disques largement en deçà de leurs débuts, aura marqué une partie de la génération screamo/post-hardcore des années 2000. Moins influents mais tout aussi intéressants, Fear Before et RX Bandits ont eux aussi jeté l’éponge. Je retiendrai également la fin de Valencia, Snowing, The Academy Is…, O Pioneers!!!, Disembodied, Killing The Dream, The Bled, Augustana, Grown Ups, The Ghost Of A Thousand, My Heart To Joy ou encore The Felix Culpa.
Dossier : rétrospective 2011 (1e partie)
Tout le monde semble s’accorder pour dire que 2011 fut une grande année en termes de productions musicales. Mais au-delà des sorties de disques, l’année eut son lot de changements, de modes, d’évènements plus ou moins joyeux pour la scène alternative, qu’ils soient, disons micros (quel journaliste musical s’est ému du split de Snowing ? Quel journaliste musical connaît Snowing, pour commencer ?) ou macros (OMGNEWBLINK182CD!!!!). Retour sur une année chargée.
1ère partie : les tops et les flops
Fucked Up – « A Little Death » live à Toronto (Canada) lors du festival NXNE 2011.
LES TOPS
Parmi les succès de 2011 se trouvent bien entendu les Canadiens de Fucked Up. Trois ans après le superbe The Chemistry of Common Life, la bande à Damian Abraham a une nouvelle fois mis tout le monde d’accord avec David Comes to Life, un troisième LP qui réinvente une nouvelle fois le mot « ambition » dans le punk. Il y a longtemps que Fucked Up, chouchous des indie rockers de Pitchfork, séduit bien au-delà de notre scène mais ce véritable opéra rock de près de 80 minutes est allé au-delà de toutes les espérances. Preuve en est le dernier numéro du magazine américain Spin dont Fucked Up a pris la couverture et la tête des meilleurs disques de l’année.
Si le hardcore s’est fait particulièrement discret cette année, le punk-rock a lui fait belle figure. Bomb The Music Industry!, Dead To Me, Banner Pilot ou encore Frank Turner ont trusté une multitude de listes de fin d’année et ont donné un peu d’air à leurs labels respectifs.
Les labels, parlons-en. Une belle année pour Side One Dummy (The Horrible Crowes, Audra Mae, Title Fight et Chuck Ragan), Hopeless (Yellowcard, The Wonder Years, Samiam, The Dangerous Summer, les signatures d’Enter Shikari et The Used), No Sleep (La Dispute, Balance And Composure, Into It. Over It., Aficionado, le repress de Coalesce), Deathwish (Touché Amoré, Deafheaven, les signatures de Loma Prieta, Punch et Birds In Row, les repress de Give Up The Ghost/American Nightmare), Red Scare Industries (Nothington, The Copyrights, Elway, The Holy Mess) ou encore Triple Crown (Fireworks, Dear Hunter, O’Brother, Moving Mountains, le repress de Brand New). Mention spéciale aux tout petits Grave Mistake Records qui ont sorti quelques-uns des meilleurs vinyles de l’année (Night Birds, Coke Bust et Deep Sleep).
Mais ce sont bien sûr les grands méchants de Rise Records qui raflent la mise en 2011. Alors que les nouveaux disques d’une partie de la pléiade de groupes Myspacecore horripilants qui constituent leur roster leur permettent toujours de remplir les caisses (Attack Attack!, Woe, Is Me, Of Mice & Men, Miss May I), Craig Ericson, l’homme de la maison, s’est permis de s’offrir cette année de quoi s’acheter une crédibilité avec les signatures de Hot Water Music, Transit, Man Overboard, SHARKS, Cheap Girls ou encore The Early November.
De manière générale et comme en 2010, c’est la nouvelle scène underground US en orbite autour des labels Run For Cover/Topshelf/No Sleep qui a dominé l’année sur Internet, dans les salles de concert et les ventes de disques. Que les groupes estampillés The Wave et leurs amis pop-punk énervent certains se comprend, la hype est telle qu’il est difficile de ne pas en entendre parler tous les jours sur Facebook, Twitter ou les forums. Mais il faut bien avouer que ces groupes ont permis la résurgence d’un engouement bien au-delà d’enthousiasme furtif qui amène des kids aux concerts et aux tables de merch, permettant aux groupes de tourner et aux labels de sortir des disques. Ainsi, des groupes comme Title Fight, La Dispute, The Wonder Years, Touché Amoré, Defeater, Pianos Become The Teeth ou Balance And Composure se sont imposés cette année comme les têtes de file d’une nouvelle génération ne faisant plus forcément de différences entre le pop-punk, l’emo, le screamo ou le hardcore, comme c’était le cas il y a 20 ans.

Four Year Strong.
LES FLOPS
Pour moi, le gros flop de 2011, c’est l’easycore. Le style le plus en vogue de 2010 et dont le simple nom peut vous filer des boutons avait remplacé la trop longue mode du MySpacecore, un genre qui aura finalement tenu plus longtemps que le site qui l’a en partie créé. On croyait devoir se le coltiner pendant au moins trois ans mais l’easycore est retombé comme un soufflé. Gros ouf de soulagement donc, tant ce mix de pop-punk et de hardcore était devenu générique, répétitif et cliché. Évidemment, en France, comme d’habitude, on commence à peine donc on va encore devoir subir Chunk! No, Captain Chunk! pendant quelques temps.
Les ténors du genre s’en sont eux-même lassés : Four Year Strong et Set Your Goals ont redéfini leur style avec leurs nouveaux albums respectifs. Plus radio rock à la Foo Fighters/Paramore pour les premiers, plus pop pour les seconds. Un échec cuisant. Les deux disques ont été accueillis par des critiques mitigées, de nombreux fans déçus et se sont moitié bien moins vendus que leurs prédécesseurs.
L’échec de Set Your Goals ne fut pas le seul coup dur d’Epitaph, qui aura vécu une année quasi-vide : Thursday, un des groupes les plus solides du label américain, ont décidé d’en arrêter là. Alors qu’il y a deux ou trois ans Epitaph semblait faire un retour en force en raflant la mise sur tous les gros noms de la scène pop-punk/post-hardcore, le label de Brett Gurewitz semble aujourd’hui forcé de s’en remettre à des sorties comme celle de Falling In Reverse (nouvelle formation de l’ex-chanteur d’Escape The Fate, le groupe préféré des scene kids en 2006) pour tenir bon la barre.
Plus qu’un flop, c’est un petit coup de gueule que j’adresserais à Mightier Than Sword Records. Cela fait maintenant quelque temps que le label de R.J. Crowder-Schaefer semble davantage se préoccuper du repressage en vinyle d’albums pouvant rapporter gros que de ses propres artistes… Blink-182, The Movielife, Cro-Mags, The Ataris ou encore The Juliana Theory, autant de rééditions vinyle sur lesquelles Mightier Than Sword semble avoir misé pour booster son chiffre d’affaires, parfois en occultant le fait que certains de ces LP étaient toujours disponibles dans leurs pressages originaux (exemple : This Time Next Year, le classique de The Movielife, vendu comme une édition vinyle exclusive de l’album alors qu’il était toujours disponible en LP, simplement pas en 180 grammes…). Pendant ce temps, pas grand chose à retenir des sorties originales du label et les groupes qui auraient pu tirer leur épingle du jeu (je pense notamment à I Hate Our Freedom, groupe comprenant, entre autres, des membres de Thursday, Texas Is The Reason et Gay For Johnny Depp qui aurait totalement pu « buzzer » avec un peu plus de promo) restent dans l’ombre. Pas forcément la faute du label, mais un peu plus d’aide de leur part serait sans doute la bienvenue s’ils espèrent voir les premiers albums de Such Gold et Citizen rencontrer un succès plus important en 2012. Je passe outre les très nombreux problèmes non seulement d’envoi des vinyles aux acheteurs et aux groupes (un problème récurrent chez ce genre de jeune et petit label qui lancent leurs pre-orders très tôt pour faire parler mais se retrouvent toujours soumis aux aléas des usines de pressage) mais également de retard et d’erreurs dans le reste des commandes. R.J. a le mérite de répondre avec diplomatie aux mécontents (contrairement à d’autres) et de mettre en place certaines actions caritatives de temps à autre.
Enfin, un flop tristounet restera pour moi le retour de Braid. Ce groupe emo influent des années 90 s’était séparé en 1999, laissant derrière un des classiques du genre, Frame and Canvas. Après quelques concerts en 2004, la formation menée par le seul et unique Bob Nanna (qui avait formé Hey Mercedes après la dissolution de Braid) est revenue avec un nouvel EP en 2011, leurs premiers nouveaux morceaux en treize ans. Un disque relativement bon mais qui ne convaincra pas les critiques qui jugeront que Braid jouait déjà ce style de morceaux en 1998, et mieux. Le retour du groupe passera au final totalement à la trappe. Dommage.



