
CLOUD NOTHINGS – Attack on Memory
(Carpark Records)
C’est le journal école au CFJ en ce moment, alors je manque de temps pour poster… Quelques-unes de mes écoutes récentes, en vrac.
CLOUD NOTHINGS – Attack on Memory (Carpark Records, 2012)
Je me rends sur Pitchfork de façon tout à fait irrégulière et aléatoire. En jetant un coup d’œil curieux à leurs dernières chroniques comme je le fais de temps en temps, je suis tombé sur celle, élogieuse, du troisième album de Cloud Nothings. Pour être honnête, ce n’est pas l’étiquette « Best new music » qui m’a incité à checker un morceau sur YouTube (on ne peut pas dire que les goûts de la rédaction de Pitchfork soient vraiment proches des miens), mais la pochette. Un phare en noir et blanc avec une police sobre, c’est dans le style de certains groupes que j’apprécie. J’avais entendu parler de Cloud Nothings l’an dernier, à l’occasion de leur deuxième LP, mais ne leur avais jusque là pas prêté une oreille. En regardant les titres les plus écoutés sur Last.fm, je lance « No Future/No Past ». Quelle baffe. Un morceau hypnotique entre Fugazi et Nirvana dont le rythme sinistre et lancinant mène à un climax de cris et d’accords des plus saisissants. On est loin de l’indie rock lo-fi encensé par Pitchfork et auquel je ne connais rien. J’enchaîne avec « Wasted Days ». 9 minutes. Nouvelle baffe. Pourtant, rien à voir avec la première. C’est punk. Vachement, même. Et emo, aussi. Du genre Jade Tree. « I thought! I would! Be more! Than this! », chante le gars. Et moi de penser bien l’inverse de lui. Ce morceau d’abord catchy et mordant se transforme en une expérimentation psychédélique instrumentale en tous points déroutante. Le reste du disque, une fois téléchargé, ne me maintiendra pas plus sur mes deux pieds : des moments de pop-punk lo-fi, du heavy à la Steve Albini (qui produit le disque) et de l’indie rock agressif à vous en déboussoler. Cloud Nothings manie les dynamiques avec habileté et fait scintiller leur jeu malgré un son brut (quasiment pas d’effets sur les guitares) et une approche résolument lo-fi. Attack on Memory est un disque incroyablement réussi. Peut-être que comme moi, il vous sortira de votre zone de confort et vous amènera vers des chemins hipster-isants jusqu’alors insoupçonnés. Merci Pitchfork.
CROSSES ††† – EP †† (auto-produit, 2012)
Deuxième EP pour le side-project de Chino Moreno de Deftones et Shaun Lopez de Far. Un effort moins sombre que le premier et plus organique, avec davantage de batterie malgré la présence de samples électroniques sur plusieurs morceaux. Les riffs sont discrets, assez post-punk-isants mais plaisants. On ressent énormément l’influence Duran Duran qui donne un côté pop new-wave subtile et pas putassière (« Prurien† ») aux compositions travaillées des trois messieurs. Moins de minimalisme et plus de style pour cette seconde fournée, en espérant que la prochaine soit un album.
HIT THE LIGHTS – Invicta (Razor & Tie, 2012)
Le seul disque intéressant de Hit The Lights, groupe pop-punk de l’Ohio, est à mon sens leur EP Until We Get Caught sorti en 2005. Un album insipide avait suivi, puis un changement de chanteur et Hit The Lights est devenu un groupe pop-punk des plus caricaturaux. Pour leur troisième LP, le groupe a fait appel à Mike Sapone (Brand New, Crime In Stereo) pour donner plus de profondeur à leur son. C’est réussi dans la forme puisque Invicta penche fortement vers l’alternative rock sérieux avec des compositions plus subtiles dans l’ensemble, des caisses claires tonitruantes et un chant haut perché. Les refrains sont plutôt accrocheurs sans pour autant transformer aucun des morceaux en un tube imparable. Dans le fond, ça reste assez médiocre et générique. Catchy mais cheesy.
MATT PRYOR – May Day (Arctic Rodeo Recordings, 2012)
May Day est le deuxième album solo de Matt Pryor, chanteur/guitariste de The Get Up Kids et The New Amsterdams. Financé par ses fans via Kickstarter, le disque a été entièrement réalisé durant le mois de mai 2011. Une rapidité qui donne une forte immédiateté aux chansons, malgré l’élaboration poussée qui caractérise certains d’entre eux. Car Pryor ne fait dans l’album solo minimaliste et utilise de nombreux instruments pour accompagner ses paroles mélancoliques. Ses qualités d’écriture sont ici magnifiées dans de belles et chaleureuses compositions pas forcément des plus mémorables mais fichtrement élégante. Matt Pryor, c’est un mec classe.
NINE ELEVEN – Le Rêve de Cassandre (I For Us Records, 2012)
Troisième album pour Nine Eleven, groupe modern hardcore de Tours et meilleure formation française du genre (s’il en existe d’autres). Comme par le passé, les morceaux brassent toujours beaucoup d’influences plus ou moins proches du style pour un résultat avec beaucoup de personnalité mais manquant parfois d’un réel point d’encrage. Les paroles conceptuelles (ici l’histoire d’un Afghan fuyant son pays) sont toujours très intéressantes et ne manqueront pas de pousser certains à comparer nos Frenchies à Defeater. Un peu éparpillé (et un accent anglais toujours limite) mais un bon disque et un final très réussi (« Maison Dieu »).