BRUCE SPRINGSTEEN – « We Take Care of Our Own » single (Columbia, 2012)
Pour être honnête, je ne pensais pas parler un jour de Bruce Springsteen sur un des mes blogs. Premièrement parce que je ne connais quasiment rien du bonhomme. Deuxièmement parce que le peu que je connaisse ne m’a pas vraiment intéressé. En fait, Bruce Springsteen pour moi c’est surtout « le mec toujours collé au drapeau américain avec des paroles sociales à la Jean Jacques Goldman qui a influencé The Gaslight Anthem ». Un peu comme ce fut le cas avec Morrissey il y a cinq ans (chanteur de The Smiths, si vous vivez dans une grotte), son nouveau single est l’occasion pour moi d’être un peu curieux et de m’intéresser à ce que fait réellement The Boss. Et je dois avouer que je suis agréablement surpris. Sans pousser trop loin la comparaison avec Moz, Springsteen m’étonne lui aussi par la façon dont il a su s’adapter aux sonorités d’aujourd’hui sans que ça sonne forcé ou ringard (ou du moins sur ce single, je ne suis pas légitime pour parler du reste). Personnellement, j’ai du mal à interpréter les paroles (et je ne semble pas être le seul) mais musicalement, ce « We Take Care of Our Own » me plaît plutôt bien. La batterie entraînante et les harmonies de cordes dans le fond sont bien plus modernes que ce à quoi je m’attendais en cliquant sur « Play ». C’est assez poppy, le refrain est ultra catchy et on trouve pas mal de sucreries (clappements de mains, chœurs, xylophone…). Pas sûr que les ultra fans de Springsteen suivent, mais après tout, je ne connais pas sa disco. Si vous êtes connaisseur, n’hésitez pas à réparer mon inculture en me recommandant quelques morceaux du Boss. Si possible avec pas trop de trémolos dans la voix style chanteur américain en santiags, j’ai horreur de ça (ouh, les clichés). Cheers.
EDIT : Une analyse des paroles du morceau est à lire ici.
CARAVELS – Well Worn, split 7″ avec Gifts From Enola (Topshelf Records, 2012)
Comme tout chroniqueur musical, je suis subjectif. Je suis pote avec certains groupes et j’ai des chouchous. Caravels en font partie. J’ai découvert ces quatre gars du Nevada il y a deux ans, ai adoré leur premier EP et ai tout fait pour leur donner un peu d’exposition sur Alternativ News. Ils ont depuis sorti d’encore meilleurs EP et signé chez Topshelf. Leur nouvelle sortie est encore un petit format, en l’occurrence un split 7″ avec le bien plus célèbre groupe de post-rock Gift From Enola (dont le label ne m’a pas encore envoyé les morceaux, d’où ce paragraphe uniquement consacré à ceux de Caravels). Je ne prétends pas qu’ils soient le meilleur groupe en la matière, ils n’ont ni l’énergie foudroyante d’un Touché Amoré ni l’émotion captivante d’un The Saddest Landscape, mais leur screamo vaut vraiment le détour. Caravels ne font pas du screamo au sens premier du terme, le rythme est relativement lent pour le genre mais les influences post-rock et modern hardcore sont de moins en moins évidentes dans le sens où ils les ont vraiment digérées et intégrées à leur son pour créer quelque chose de plus cohérent. Les build-ups sont toujours aussi réussis, les compositions sont subtiles avec de superbes accords de guitares, une basse omniprésente et un jeu de batterie constant et le chant scandé (et non crié) est vraiment touchant. Ce groupe est capable de sortir un grand premier album.
CLOSURE IN MOSCOW – « The Impeccable Beast » single (Equal Vision, 2012)
Closure In Moscow, c’est le meilleur riff de 2009. Groupe australien hyper intéressant, ils viennent de mettre en ligne le premier extrait de leur prochain album, le deuxième du nom. Entre temps, deux changements de line-up ont amené à Closure In Moscow un bassiste et un batteur venant du funk. Le son du groupe était déjà progressif, ajoutant à un rock alternatif puissant des influences jazzy et un jeu bien technique. Mais ce nouveau titre « The Impeccable Beast » va encore plus loin. La comparaison avec The Mars Volta ne plaît pas aux fans mais il y a bien deux ou trois choses qui rappellent le groupe d’Omar Rodríguez-López là-dedans. Une voix enchanteresse, surtout. La performance de Chris De Cinque est une nouvelle fois unique et bluffante. Les passages funky/jazzy sont plus nombreux mais quelques riffs bien placés envoient le nécessaire et ça a l’air de triturer toujours pas mal les cordes de l’autre côté du globe. Pas leur meilleur morceau mais de haute tenue. Le morceau est en libre téléchargement ici.
GUILTY – S/T 7″ (Six Feet Under Records, 2012)
GUILTY. GUILTY. GUILTY. Punaise, je suis dingue de leur demo sortie en 2010. Depuis quand n’avait-on pas entendu un riff aussi fou que celui-ci ? Ils m’ont sacrément secoué les puces quant ils sont venus à Bordeaux. Voilà enfin leur nouveau 7″ qui sort chez les Ricains de Six Feet Under qui les ont repérés pendant que je dansais sur leur demo. Ils sont Suédois et font du hardcore, au fait. Du genre à la Bitter End, paraît-il. Sauf que j’aime pas Bitter End et que j’adore Guilty. Donc faites-vous votre avis en téléchargeant cette putain de demo. Ce nouveau 7″, c’est la même chose en couleur. Les riffs sont un poil moins percutants (normal quand il y a dans votre demo de hardcore un riff que les gens peuvent fredonner) mais ça reste vraiment le maxi best of du two-step européen. Des morceaux puissants entre trash metal et hardcore avec un chant qui me met la bave. Bien sûr, tout ça tourne vite en rond si ça n’est pas votre came. Les breaks sont quasiment tous les mêmes à un accordage près. À noter une petite originalité tout de même, l’EP se termine sur un break aux tendances metal épique du genre que l’on voit sur les vidéos de Warcraft. Pas dégueu mais ça m’a laissé confus. Le 7″ est en écoute ici.
THE JEALOUS SOUND – A Gentle Reminder (Music Is Subjective, 2012)
The Jealous Sound est un groupe d’indie rock de Los Angeles formé il y a 11 ans par des membres de divers groupes d’emo 90′s, dont le chanteur et guitariste de Knapsack Blair Shehnan. A Gentle Reminder est leur premier album depuis 2003 (et un EP en 2008). Longue attente pour les fans qui ne seront pas déçus. La voix de Shehnan a légèrement changé mais The Jealous Sound revient aux fondamentaux de leur premier disque, Kill Them With Kindness : un indie rock aux refrains catchy rappelant Jimmy Eat World ou Maritime et au songwriting aérien à la The Appleseed Cast. Bien écrit et très bien mixé. Pas de pas en avant, mais un bien chouette disque.
THE SIDEKICKS – Grace 7″ (Red Scare Industries, 2012)
The Sidekicks ont sorti un des meilleurs albums de 2009 avec Weight of Air. Leur split avec Tigers Jaw l’an dernier a confirmé tout le bien que je pensais de ce groupe de l’Ohio et j’attends avec hâte leur nouveau LP annoncé pour février. Ce 7″ est un avant-goût : « Grace » est tiré de l’album et est vraiment un très chouette morceau. À la fois énergique par sa composition punk et doux par son bridge tout en petits « woo-hoo-hoo », le morceau est un bon exemple de catchiness à la The Sidekicks. « The Wallflowers » est une b-side inédite, un peu plus indie dans le style de Tigers Jaw et moins mémorable. Sur la version digitale de l’EP s’ajoutent deux versions acoustiques de morceaux déjà connus sur lesquels leur chanteur sonne étonnamment proche de Rivers Cuomo (Weezer).
