Live : The Wonder Years – Le Glazart, Paris – 25/04/12

Cette date s’annonçait comme une tragédie : The Wonder Years et I Am The Avalanche, deux très bons groupes de la scène « à la mode » actuellement aux US, c’est évidemment rare mais ça fait plaisir. Mais une affiche aussi pointue au Glazart, une salle d’une capacité de 800 personnes, ça tourne vite à la débandade. Alors quand en plus l’une des deux têtes d’affiche annule… I Am The Avalanche ne pourront en effet finalement pas venir en Europe et ce sont des premières parties françaises dont je passerai les compte-rendus qui boucheront laborieusement les trous. Mais The Wonder Years sont là, alors on tient bon. Continue reading

Live : Motion City Soundtrack – Backstage By The Mill, Paris – 23/04/12

Emodays jouent une nouvelle fois la carte de l’authenticité en bookant, après Mae, MXPX et Mest, un autre groupe plus forcément à la mode mais avec lequel ils ont, comme beaucoup d’entre nous, grandi : Motion City Soundtrack. Petit slalom marathon depuis La Boule Noire après le de Set Your Goals en évitant de se faire alpaguer par les tenanciers de pole dances et nous voilà arrivés à bon port, au Backstage By The Mill. Continue reading

Live : Set Your Goals – La Boule Noire, Paris – 23/04/12

J’avais oublié de poster mes deux reports de la soirée du 23 avril, qui alignait un concert de Set Your Goals à La Boule Noire et un autre de Motion City Soundtrack au Backstage By The Mill. Voici d’abord celui de Set Your Goals.

 

Sacrée semaine à Paris avec une bonne dizaine de concerts au total. En ce lundi soir de vacances scolaires, les deux plus grosses assos de notre scène ont encore mis les petits plats dans les grands en proposant deux chouettes affiches. Only Talent continuent de sauter sur toutes les grosses tournées nord-américaines avec ce soir un plateau Cancer Bats/Set Your Goals. À ma surprise, ce sont les Canadiens qui tiennent le haut de l’affiche. Un ordre qui se justifiera au fil de la soirée. Continue reading

Écoutes du Jour : 07/02/12

CHASING PAPERBOY – S/T EP digital (auto-produit, 2012)
Si tu traînais sur les forums punk français entre 2006 et 2009, tu te souviens sans doute des Niçois de Chasing Paperboy. Le groupe formé à l’origine de membres de Freygolo, Not Any More et Drive To Degrassi s’était attiré, durant ses trois courtes années d’existence, la sympathie du sud tout entier si ce n’est plus avec leurs morceaux pop-punk touchants à la Samiam. Les voilà de retour en 2012 avec un nouvel EP, uniquement digital pour le moment (cassette à venir). Le chanteur/guitariste Jean officie aujourd’hui dans Can’t Bear This Party dont la popularité devrait, espérons-le, apporter pas mal d’auditeurs curieux à Chasing Paperboy. Drôle, c’est l’inverse qui est vrai pour ma part, Chasing m’ayant amené à jeter une oreille à Can’t Bear à la sortie de leur premier EP en 2008. Ces nouveaux morceaux gardent l’entrain des premiers mais la touche indie y est plus prononcée, les guitares jouant beaucoup de ce que les Ricains aiment appeler le « twinkle ». Le chant de Jean mène la troupe avec enthousiasme, soutenu par quelques légers gang vocals et les mélodies sont plus raffinées encore que le souvenir que j’ai de celles de leurs disques précédents. Dans la lignée des nouveaux groupes autant influencés par Latterman que par American Football, le super dernier titre « Sorry For… » est de loin ce que la France fait de mieux en la matière (avec les Lyonnais de Sport, allez). Au milieu des années 2000, on aimait bien coller un peu partout l’étiquette « emopunk » à tous les groupes se découvrant tout à coup un fort potentiel larmoyant. Une idiotie totale puisque l’emo est par définition du punk, mais un terme qui colle pourtant avec toujours autant de charme à la peau des Niçois de Chasing Paperboy.

CRUCIAL DUDES & SHARED ARMS – Split 7″ (Jump Start Records, 2012)
Crucial Dudes ont profité pour la sortie de leur premier album de la vague « pop-punk bros » qui a régné sur les côtes américaines en 2011, se plaçant tout de même plutôt dans la partie correcte de l’avalanche de groupes du genre en comparaison avec les horreurs qu’on aura pu entendre chez leurs collègues. Personnellement, je ne trouve quand même pas ça foufou et ce nouveau titre (au nom toujours aussi comique : « Of Course I Like Music… I Like Pantera ») me laisse autant de marbre que le LP sorti l’an passé. Le chant est plutôt mou du genou, la batterie de même, aucune partie de guitare ne se détache (elles sont d’ailleurs plutôt étouffées) et les lyrics sont toujours aussi débiles. Seuls les trois petits coups de trompette à la fin de la chanson viennent l’égayer à mon goût. C’est pas mauvais, mais c’est assez fade. Shared Arms, sur la face B, sont peut-être le seul groupe de pop-punk au monde à ne pas avoir de page Facebook. Joli challenge. Ils viennent de l’Ontario et ont sorti leur premier album Ill Sessions en 2010. Leur titre est beaucoup plus énergique, avec un chant écorché et une batterie pied au plancher. De bons moments mais ça se termine vite. J’ai plutôt pour habitude d’aimer les morceaux courts, mais quand il n’y en a que deux sur le disque, une face d’une minute dix-sept seulement, il ne vaut mieux pas que les frais de port soient trop élevés… Rien de mémorable.

FUCKED UPYear of the Tiger (12″) (Matador Records, 2012)

Fucked Up sont un peu en retard sur leur planning. Leur série de LPs deux titres suivant l’astrologie chinoise a pris du retard. Mais comment ne pas pardonner la splendide troupe canadienne à l’écoute de ces deux nouveaux bijoux de 15 et 22 minutes chaque ? Une nouvelle fois, Fucked Up met la branlée à tout le monde. Sur Year of the Tiger, ils se sont associés avec des noms aussi variés que le réalisateur Jim Jarmusch (Ghost Dog, la Voie du Samouraï), la chanteuse du groupe punk québécois Duchess Says et le groupe electro Austra. Le résultat est grandiose : sur le title track, Fucked Up déverse un infini flot de guitares mélodiques et chiadées dans une superbe construction qui rend le morceau moins long et plus intéressant que sa durée laisse présager. La voix de Damian Abraham, qui a toujours fortement contrasté par sa rudesse avec le son toujours plus propre des instruments de ses collègues, se mêle ici d’une façon plus cohérente que jamais au paysage musical construit tout en longueur. « ONNO » est encore plus long et bien plus expérimental. Totalement instrumental, passant par le new-wave et le noisy, le titre a constitué pour moi une sacrée énigme : après forte concentration et quelques recherches, je me suis aperçu que le morceau, comme son titre, se lisait dans les deux sens. « ONNO » dure 22 minutes et 6 secondes et, passé les 11 minutes et 3 secondes, se coupe en deux pour repartir dans l’autre sens. Comme si un miroir mettait les deux sens du morceau face à face. Le résultat est bien sûr étrange, je vous l’accorde, mais étonnamment beau. On se demande bien ce qu’ils peuvent nous préparer de plus bizarre que cela mais autant le dire tout de suite, je suis prêt à l’encaisser.

OLD LINESdemo.winter.2012 (Demo) (auto-produit, 2012)
Old Lines viennent de Baltimore et comptent parmi leurs rangs des ex-membres de feu les excellents Ruiner et Pulling Teeth. Il s’agit donc bien de hardcore avec cette première demo. Trois titres de hardcore ni chaotique ni mosh-isant mais très groovy à la Soul Control avec un chant guttural maîtrisé. Instrumentalement, rien de bien novateur mais de bonnes mélodies de guitare sur « No Holy Days » et un niveau général tout à fait respectable. Pas la demo de l’année mais à suivre. En téléchargement gratuit ici.

SWEET JESUS – Demo cassette (Sonic Sound!, 2012)
N’essayez pas d’en savoir plus sur Sweet Jesus. Vous ne trouverez pas mieux que ceci. Depuis la fin de Have Heart (le plus gros groupe de hardcore des années 2000, pour les novices), les nouveaux projets du charismatique frontman Patrick Flynn sont aussi troubles que les verres de pastis qu’il ne boit pas. Il y avait d’abord eu Fuck Drugs, super-SxE-groupe fondé avec le bassiste de Paint It Black, un guitariste de Ceremony et un autre de Cruel Hand dont un EP devait voir le jour en 2010. On l’attend toujours. Pas beaucoup de nouvelles non plus de son autre groupe Wolf Whistle si ce n’est qu’un split avec Raindance est prévu pour cette année. Et voilà maintenant Sweet Jesus. Pas un mot sur le Net, juste cette demo lâchée en pâture sur MediaFire et distribuée en cassette par un label vierge de toute sortie. On peut pas dire que le gars cherche le buzz. En tous cas, si Flynn reste à ma surprise dans le genre hardcore, on peut dire qu’il en explore différentes facettes via ses divers projets et s’adapte parfaitement à chacun d’entre eux. Sweet Jesus fait du hardcore simple, plus groovy que heavy, parfois rapide et souvent mid-tempo, au chant crié. Au-delà du plaisir de retrouver la voix de ce bon vieux Pat, les autres musiciens ne font pas de la figuration et chaque instrument contribue au résultat probant pondu par ces trois premiers titres. La demo est en téléchargement gratuit ici.

TS & THE PAST HAUNTSGone and Goner (No Sleep Records, 2012)
TS & The Past Haunts ne bénéficient pas d’une hype démentielle, pour un groupe No Sleep. Le groupe a pourtant en son sein Travis Shettel des excellents Piebald. Mais Gone and Goner est un drôle de disque, avec de drôles de gens dedans. Une extravagance indie rock créatrice de succulentes bizarreries à l’image des deux premiers morceaux « East Jesus » et « Janice Haynes » où les musiciens s’en donnent à cœur joie et prouvent au croisement d’un rythme endiablé et de jolis arpèges qu’ils ne sont pas là que pour déconner. Le disque s’essouffle un peu en son milieu mais ne tombe jamais dans le futile ou l’ennuyeux et constitue une des belles surprises de ce début d’année.

Live : La Dispute + Former Thieves + Sugartown Cabaret – La Boule Noire, Paris – 23/01/12

[Article publié sur Alternativ News]

 

C’est déjà ce soir le troisième passage par Paris pour La Dispute. Depuis leur venue avec Touché Amoré en juillet dernier, le groupe de Grand Rapids a sorti un des meilleurs disques de 2011, leur second LP Wildlife. Ils sont accompagnés sur cette tournée européenne par les coreux de Former Thieves et ce sont nos chers Normands de Sugartown Cabaret qui s’occuperont de l’ouverture dans une Boule Noire aux trois quarts pleine. Continue reading

Écoutes du Jour : 30/01/12

C’est le journal école au CFJ en ce moment, alors je manque de temps pour poster… Quelques-unes de mes écoutes récentes, en vrac.

CLOUD NOTHINGSAttack on Memory (Carpark Records, 2012)

Je me rends sur Pitchfork de façon tout à fait irrégulière et aléatoire. En jetant un coup d’œil curieux à leurs dernières chroniques comme je le fais de temps en temps, je suis tombé sur celle, élogieuse, du troisième album de Cloud Nothings. Pour être honnête, ce n’est pas l’étiquette « Best new music » qui m’a incité à checker un morceau sur YouTube (on ne peut pas dire que les goûts de la rédaction de Pitchfork soient vraiment proches des miens), mais la pochette. Un phare en noir et blanc avec une police sobre, c’est dans le style de certains groupes que j’apprécie. J’avais entendu parler de Cloud Nothings l’an dernier, à l’occasion de leur deuxième LP, mais ne leur avais jusque là pas prêté une oreille. En regardant les titres les plus écoutés sur Last.fm, je lance « No Future/No Past ». Quelle baffe. Un morceau hypnotique entre Fugazi et Nirvana dont le rythme sinistre et lancinant mène à un climax de cris et d’accords des plus saisissants. On est loin de l’indie rock lo-fi encensé par Pitchfork et auquel je ne connais rien. J’enchaîne avec « Wasted Days ». 9 minutes. Nouvelle baffe. Pourtant, rien à voir avec la première. C’est punk. Vachement, même. Et emo, aussi. Du genre Jade Tree. « I thought! I would! Be more! Than this! », chante le gars. Et moi de penser bien l’inverse de lui. Ce morceau d’abord catchy et mordant se transforme en une expérimentation psychédélique instrumentale en tous points déroutante. Le reste du disque, une fois téléchargé, ne me maintiendra pas plus sur mes deux pieds : des moments de pop-punk lo-fi, du heavy à la Steve Albini (qui produit le disque) et de l’indie rock agressif à vous en déboussoler. Cloud Nothings manie les dynamiques avec habileté et fait scintiller leur jeu malgré un son brut (quasiment pas d’effets sur les guitares) et une approche résolument lo-fi. Attack on Memory est un disque incroyablement réussi. Peut-être que comme moi, il vous sortira de votre zone de confort et vous amènera vers des chemins hipster-isants jusqu’alors insoupçonnés. Merci Pitchfork.

CROSSES †††EP †† (auto-produit, 2012)

Deuxième EP pour le side-project de Chino Moreno de Deftones et Shaun Lopez de Far. Un effort moins sombre que le premier et plus organique, avec davantage de batterie malgré la présence de samples électroniques sur plusieurs morceaux. Les riffs sont discrets, assez post-punk-isants mais plaisants. On ressent énormément l’influence Duran Duran qui donne un côté pop new-wave subtile et pas putassière (« Prurien† ») aux compositions travaillées des trois messieurs. Moins de minimalisme et plus de style pour cette seconde fournée, en espérant que la prochaine soit un album.

HIT THE LIGHTSInvicta (Razor & Tie, 2012)

Le seul disque intéressant de Hit The Lights, groupe pop-punk de l’Ohio, est à mon sens leur EP Until We Get Caught sorti en 2005. Un album insipide avait suivi, puis un changement de chanteur et Hit The Lights est devenu un groupe pop-punk des plus caricaturaux. Pour leur troisième LP, le groupe a fait appel à Mike Sapone (Brand New, Crime In Stereo) pour donner plus de profondeur à leur son. C’est réussi dans la forme puisque Invicta penche fortement vers l’alternative rock sérieux avec des compositions plus subtiles dans l’ensemble, des caisses claires tonitruantes et un chant haut perché. Les refrains sont plutôt accrocheurs sans pour autant transformer aucun des morceaux en un tube imparable. Dans le fond, ça reste assez médiocre et générique. Catchy mais cheesy.

MATT PRYORMay Day (Arctic Rodeo Recordings, 2012)

May Day est le deuxième album solo de Matt Pryor, chanteur/guitariste de The Get Up Kids et The New Amsterdams. Financé par ses fans via Kickstarter, le disque a été entièrement réalisé durant le mois de mai 2011. Une rapidité qui donne une forte immédiateté aux chansons, malgré l’élaboration poussée qui caractérise certains d’entre eux. Car Pryor ne fait dans l’album solo minimaliste et utilise de nombreux instruments pour accompagner ses paroles mélancoliques. Ses qualités d’écriture sont ici magnifiées dans de belles et chaleureuses compositions pas forcément des plus mémorables mais fichtrement élégante. Matt Pryor, c’est un mec classe.

NINE ELEVENLe Rêve de Cassandre (I For Us Records, 2012)

Troisième album pour Nine Eleven, groupe modern hardcore de Tours et meilleure formation française du genre (s’il en existe d’autres). Comme par le passé, les morceaux brassent toujours beaucoup d’influences plus ou moins proches du style pour un résultat avec beaucoup de personnalité mais manquant parfois d’un réel point d’encrage. Les paroles conceptuelles (ici l’histoire d’un Afghan fuyant son pays) sont toujours très intéressantes et ne manqueront pas de pousser certains à comparer nos Frenchies à Defeater. Un peu éparpillé (et un accent anglais toujours limite) mais un bon disque et un final très réussi (« Maison Dieu »).