Mon titre préféré du deuxième album des excellents Manchester Orchestra, Mean Everything to Nothing.
Tag Archives: Rock
Punk or Junk : Sainthood Reps – Monoculture (vidéo)

Disque de la Semaine : Mermonte – S/T (23/04/12)

MERMONTE – S/T
(HipHipHip Label/Les Disques Normal/Father Figure Records/Friend Of Mine Records)
Punk or Junk : « Blackout, le groupe de rock le plus trash de France »
Billet : le punk en Tunisie + Play It Loud Fuckers sur Facebook
Salut à tous,
Désolé pour la faible activité du blog ces derniers jours, j’étais rentré au soleil dans le sud pour les vacances. Je m’y remets doucement cette semaine mais les quinze jours qui suivent risquent d’être calmes eux aussi puisque je pars pour Tunis avec mon école de journalisme afin de faire des reportages sur le terrain, un an après la révolution. C’est pour moi l’occasion de m’intéresser à la musique locale et de chercher s’il existe une « scène » punk en Tunisie (ou, de façon plus large, une scène rock). J’ai pour l’instant très peu de contacts et d’informations donc si vous êtes susceptibles de m’aider dans mes recherches, je vous en serai reconnaissant. Il y a de quoi faire quelque chose d’intéressant. (Pour me contacter : Romain Jeanticou sur Facebook ou romain.alternativnews[at]live.fr, merci.)
Par ailleurs, j’ai créé une page Facebook pour le blog que je vous invite bien sûr à « aimer ». J’y poste les nouvelles entrées de Play It Loud Fuckers, ce qui vous évitera de devoir venir sur le blog pour voir s’il y a de nouveaux posts et vous tiendra au courant de ses mises à jour, et également les annonces de concerts et autres sur Paris, que je ne poste pas ici. Même chose sur mon Twitter.
Merci de lire Play It Loud Fuckers !
Romain
Dossier : rétrospective 2011 (3e partie)
Tout le monde semble s’accorder pour dire que 2011 fut une grande année en termes de productions musicales. Mais au-delà des sorties de disques, l’année eut son lot de changements, de modes, d’évènements plus ou moins joyeux pour la scène alternative, qu’ils soient, disons micros (quel journaliste musical s’est ému du split de Snowing ? Quel journaliste musical connaît Snowing, pour commencer ?) ou macros (OMGNEWBLINK182CD!!!!). Retour sur une année chargée.
3ème partie :

Birds In Row.
(Photo par Ricky_photographe)
EN FRANCE, L’UNDERGROUND SAUVE LA MISE
Comme à son habitude, la France n’a, cette année encore, pas brillé par sa présence sur la scène alternative. Le Brand New français n’est toujours pas là et c’est pourtant bien dans la première partie des années 2000 que les scene kids français se trouvent encore en se rendant en masse, cette année encore, à ce genre de concert alors que d’autres comme celui-ci, d’une orga pourtant similaire, faisait peine à voir de par l’absence de public.
Heureusement, l’underground remonte largement le niveau. Un trio magistral a dominé l’année hexagonale avec trois disques qui méritent largement que vous y jetiez une oreille si ce n’est déjà fait. Birds In Row d’abord, le trio crust/hardcore signant un des EP de l’année avec l’immense Cottbus qui leur permettra d’intégrer Deathwish, label de Jacob Bannon de Converge (soit DIEU pour eux). Une première bien méritée étant tant le talent, la passion et l’éthique des trois Lavallois ne sont plus à prouver. 12XU ensuite. Un superbe premier album et des performances live rares mais divines valent aux ex-membres de Daïtro (monument du screamo français) une entrée fracassante dans le top des groupes français en activité. Il n’en est pas moins de l’autre projet des ex-Daïtro, Bâton Rouge. Plus emo que 12XU mais toujours aussi post-punk, leur premier LP Fragments d’Eux-Mêmes est un bijou de finesse et de sensibilité et finit de loin en tête de mes disques français préférés de 2011. Le 7″ sorti à la rentrée vaut lui aussi son pesant de cacahuètes. Ils ne furent pas les seuls à briller : Kickback a encore mis le reste de la scène hardcore au tapis avec Et le Diable Rit Avec Nous, tandis que les premières sorties de Youth Avoiders, Sport et Death Mercedes (avec des ex-membres d’Amanda Woodward, Ravi, L’Homme Puma et Sickbag) ont chacun de leur côté prouvé qu’ils faudrait les suivre dans les mois à venir.
Évoquons rapidement l’essoufflement (relatif) des organisations de concerts D.I.Y. à Paris, la scène locale souffrant d’une trop forte segmentarisation de ses publics, créant en son sein un grand nombre de divisions et de vases peu communicants. Le punk 80′s fut à la fête, mais le reste eut du mal à s’implanter dans la capitale. En province, alors que Toulouse et Nice vivent à un rythme bien plus calme qu’il y a quelques années, Bordeaux profite toujours d’une communauté resserrée autour d’une poignée d’orgas motivées et la Bretagne et la Normandie continuent de proposer pas mal de dates de qualité en punk et en hardcore.

Le site communautaire Kickstarter.
KICKSTARTER, LE CONCEPT QUI DIVISE
Pendant que les majors continuent de perdre du temps, de l’argent et du talent en voyant toujours Internet comme une sombre masse maléfique, les idées fleurissent pour trouver de nouveaux moyens pour les fans de rémunérer et soutenir directement leurs artistes préférés (voir l’interface de magasin en ligne Bigcartel et la plate-forme de streaming et vente en ligne Bandcamp, qui a enregistré pas moins d’un million de dollars d’achats de musique rien qu’au moins de décembre).
Kickstarter est un site américain de financement collaboratif. Ouvert à tous par un système de sponsoring, son concept permet à des projets d’être financés par des Internautes qui, en échange de leur participation financière à la création, sont récompensés de diverses façons par l’instigateur du projet selon la somme donnée.
Kickstarter ne date pas de 2011, il a été créé en avril 2009. Mais c’est bien en 2011 que le site a pris de l’ampleur et notamment au sein de la scène musicale. Nombreux sont les artistes qui auront cette année demandé l’aide de leurs fans pour financer une tournée, un enregistrement studio, l’achat d’un van ou autre en échange de goodies, merchandising, objets dédicacés, rencontres privées, appels téléphoniques et autres récompenses plus ou moins farfelues et gratifiantes. Citons par exemple Circle Takes The Square, Living With Lions, RVIVR, Kevin Seconds (7Seconds), Gatsby’s American Dream, Matt Pryor (The Get Up Kids), The Forecast, The Riot Before, Dave Smalley (DYS, Dag Nasty, All), The Audition, The Graduate ou encore Cassino. Des groupes et artistes d’horizons plutôt différents.
Le concept n’est pas nouveau, surtout dans la scène punk où le principal soutien pour les groupes est toujours venu directement de leur fanbase, notamment au travers des vinyles, des tournées et du merch. Mais demander de façon aussi explicite l’argent d’inconnus pour un futur projet a quelque chose de quasi-révolutionnaire. Kickstarter est un nouveau moyen pour les petits groupes de partir sur la route, de produire un disque que les labels seraient réticents à financer, d’éviter les modèles de business préconçus par l’industrie. Le site, même si ce n’était pas son but premier, participe ainsi à une certaine conservation de la scène et à son développement. Sans aucun intermédiaire, le groupe peut également offrir à ses fans quelque chose d’original et d’unique, que ce soit une conversation sur Skype, une chanson personnalisée ou un concert privé (là il faut généralement avoir le porte-monnaie qui suit).
Mais Kickstarter (ou d’autres sites similaires ouverts depuis) n’incite-t-il pas certains groupes à éviter de nombreux désagréments, celui de trouver un job pour payer le studio, de démarcher les labels pour financer un disque, de travailler dur à composer quelque chose qui soit d’assez bonne qualité pour leur permettre de prendre la route ? Cette possible solution de facilité et d’économie d’effort et d’argent pour l’artiste a fait sortir certains de leurs gonds, dont le très respecté booking agent de Long Island Neil Rubenstein (Taking Back Sunday, Glassjaw). Un artiste doit travailler dur pour mériter de mener la vie dont il rêve et vivre de sa passion, tout le monde est d’accord là-dessus. La question est de savoir si les groupes ayant recours à ce concept le font par facilité ou par contrainte.
Lorsqu’un tel financement permet à des artistes de réaliser un projet qu’ils n’auraient pu mettre en place autrement, le choix ne semble pas opportuniste mais judicieux. Surtout que les fans semblent enthousiastes face à cette idée. Plus de 3 lecteurs de Punknews sur 4 voient d’un bon œil le concept initié par Kickstarter. La fainéantise aiguë ou le « profitarisme » ne semblent pas encore caractériser, aux yeux des fans, les artistes les sollicitant. Reste que l’initiative surprend lorsqu’elle vient d’un groupe prônant des valeurs ultra-Do It Yourself… Le topic « débat » ouvert sur AbsolutePunk à ce sujet vous aidera peut-être à vous faire un avis.


