Écoutes du Jour : 11/01/12

INCENDIARY & XIBALBA – « Survival » + « Stone Heart » singles (2012, Closed Casket Activities)

Du mal à digérer après les fêtes ? Closed Casket Activites vous propose le premier split favorable au transit intestinal de l’année. Le petit label hardcore de l’État de New York a eu la subtile idée de réunir deux poids lourds (au sens propre) du genre sur une galette dont sont extraits ces deux premiers morceaux. Incendiary sont de Long Island et font du très bon hardcore 90′s à la Indecision. Lourd mais furieux, des grattes pas trop heavy avec un chant au top et des performances live de fou qu’on ne verra pas à Paris puisque ma proposition de cachet n’a pas satisfait leur booker. « Survival » démontre bien ce que savent faire ces mecs-là, avec l’aide du chanteur de Dead End Path au micro et un final à te faire mosher dans ton salon. Le hardcore métallique et gras de Xibalba est beaucoup moins ma tasse de thé mais il faut avouer que les Californiens, élevés à Disembodied et Morbid Angel, le font bien. La voix oscille entre grognement de chien et de cochon et les guitares vous scient la tête en deux. J’observe une progression depuis leur album de 2009 mais ça reste trop metal pour moi.

SOCRATIC – S/T (2012, digital)

Je garde une bonne impression des anciens albums de Socratic, surtout du premier. Pourtant, ils m’auront laissé bien peu de souvenirs et je serais incapable d’en siffloter un air. Le groupe du New Jersey était à l’époque signé sur Drive-Thru Records, maison ô combien culte pour ma génération puisqu’elle hébergea New Found Glory, Something Corporate, The Starting Line et autres Midtown. Cet album éponyme est leur premier en quatre ans, uniquement digital pour le moment et me laisse le même avis que les précédents : une bonne impression, de jolis morceaux indie-pop et une écriture de qualité (mention spéciale au batteur) mais pas de titres mémorables que je pourrai vous siffloter dans cinq ans. L’album est en écoute ici.

SUBURBAN SCUMHanging by a Thread EP (2012, 6131 Records)

Retour dans le pit avec Suburban Scum, groupe de heavy hardcore du New Jersey. SC est le genre de groupe chez qui je ne cherche pas grand chose d’autre qu’une bonne grosse partie de guitare à me donner envie de cogner les murs. J’en avais trouvées sur plusieurs titres de leur demo puis de leur EP Internal War. Le mosh est moins immédiat sur ces nouveaux morceaux mais le disque est plus consistant. Suburban Scum ont amélioré à peu près tout ce qu’ils pouvaient améliorer : le chant entre cris aigus et gutturaux, les paroles aussi vénères que le reste, la double pédale pas dégueulasse et les riffs qui sifflent la fin de la récré. La production emballe bien le tout, ce qui manquait fortement à leurs précédentes sorties. Pas de quoi enterrer Cro-Mags mais ça saura trouver son public chez les amateurs du genre.

THE SADDEST LANDSCAPEAfter the Lights (2012, Topshelf Records)

The Saddest Landscape sortiront-ils un jour un disque moyen ? Pas besoin de cinquante écoutes pour affirmer qu’After the Lights, leur quatrième album, est un nouveau chef-d’œuvre. Peut-être meilleur encore que le précédent et en tous cas le premier grand disque de ce début d’année avec le Loma Prieta. Rien ne change et pourtant c’est encore mieux à chaque fois. Là encore, le meilleur groupe de screamo américain exécute une pléiade d’accords légers et de superbes harmonies rattrapés par des changements de rythmes toujours aussi justes et un déchaînement ne pouvant venir que du désespoir. Car Andy Maddox, le chanteur du groupe, transcende une nouvelle fois le banal et le négligeable pour toucher le splendide de sa voix brisée en chantant, criant, scandant, parlant, parfois a capella, des paroles d’une éternelle et profonde émotion. The Saddest Landscape ne racontent pas le chagrin, ils l’incarnent. Bordel, c’est con ce que je dis mais c’est tellement vrai. Oublions que la production ne rend pas totalement justice aux instruments et savourons l’un des meilleurs albums screamo de ces dernières années (voire plus si le recul le confirme), avec en prime une des plus belles chansons jamais écrites dans le genre, que je vous laisse écouter juste au-dessus.