
TITLE FIGHT – Floral Green
(Side One Dummy Records)
Suite de la prospective pour la deuxième moitié de 2012 (première partie à lire ici) avec cette fois-ci 12 groupes dont on pourrait espérer un nouveau disque avant la fin de l’année, en tous cas je l’espère. Certains semblent probables, d’autres moins, dans tous les cas ils seraient les bienvenus. Continue reading

Le site communautaire musical Last.fm (que je vous conseille fortement si vous êtes un nerd musical avide de nouvelles découvertes et de statistiques sur vos écoutes) a publié son best of 2011.
Sans surprise, l’artiste la plus écoutée par les utilisateurs en 2011 fut Adele. Avec 818 395 auditeurs sur l’année, deux fois plus de membres de Last.fm ont écouté du Adele que du Lady Gaga, qui prend la deuxième marche du podium. Le groupe d’indie pop Foster The People décroche la troisième place. La liste complète des 100 artistes les plus écoutés est visible ici. En France, Adele devance aussi tout le monde dans les charts des utilisateurs mais son avance est maigre sur Metronomy, seconds, et The Strokes, troisièmes.
Dans la catégorie « Punk », c’est Rise Against qui sont les plus populaires, devant Alkaline Trio et… blink-182, étrangement à la traîne. À noter la hype The Wonder Years qui continue, le groupe pop-punk se classe 10ème. En France, c’est Sum 41 qui excite encore et toujours les jeunes punks. Plus intéressant, dans les nouveaux venus du genre ayant sorti leurs premiers morceaux en 2011, ce sont les très bons Dikembe du label Tiny Engines qui ont rassemblé le plus d’auditeurs.
Au total, les utilisateurs de Last.fm ont écouté en 2011 plus de 11 milliards de titres scrobblés (enregistrés par le site), soit… 71,5 mille années de musique. Les statistiques confirment aussi l’idée selon laquelle la séparation d’un groupe ou la mort d’un artiste augmentent ou ravivent l’intérêt pour leur musique (cette année, surtout Amy Winehouse).
Si vous êtes vous-même membre de Last.fm (c’est gratuit), voici ma page. Pour ma part, d’après les statistiques sur mon profil, le groupe que j’ai le plus écouté en 2011 est Title Fight.
[Article publié sur Alternativ News]
Les groupes de la nouvelle scène indépendante américaine tournant autour des labels Run For Cover, No Sleep ou Topshelf ont beau faire parler d’eux jusque sur notre site, rarement les voit-on s’arrêter par la France lors de tournées européennes qui ressemblent de plus en plus à des tournées germano-britanniques. Le Sink or Swim Fest d’Only Talent Productions faisait ainsi office de quasi-première en la matière en servant de date de lancement pour la tournée européenne de Title Fight, Balance And Composure et Transit. Restait à voir si l’essai allait être correctement transformé.
Pour pouvoir interviewer les trois groupes américains, nous avons dû manquer les sets des Parisiens de Back On Earth et Skeed Corporation, dont nous ne vous dirons donc rien (si ce n’est que si vous avez déjà du mal avec les Chunk!, vous aurez encore plus de mal avec ces derniers). Les Italiens de Notimefor ont eux annulé leur prestation, ce qui amène les Niçois de Can’t Bear This Party à commencer aux alentours de 20 heures.

Can't Bear This Party.
Can’t Bear This Party
La réputation du groupe n’est plus à faire, Can’t Bear a clairement son public, même si celui de ce soir devait être un peu plus jeune que celui qui les avait chaleureusement accueilli quelques jours plus tôt au This is My Fest. Leur prestation sera elle un brin en deçà mais restera remplie de fun, bonne ambiance qu’on retrouve dans le public au sein duquel s’est glissé un déguisement de Pedobear géant. De l’intro Nintendocore « What Would You Expect From Guys Like Us » au breakdown de « Talk to the Phone Tone », Can’t Bear tient son public malgré de nombreux pains et les titres tirés de leur premier album Ain’t No Princess sont repris en chœur par le petit groupe de fans entourant Jean et Rémi au pied de la scène. Les Niçois proposeront aussi plusieurs nouvelles compos, qui semblent plus pop-punk et directes, avec moins de clavier et le résultat donne envie d’entendre le nouvel album.

Transit
Transit
Transit is next. Second passage par Paris pour le quintet du Massachussets après une date au Klub avec Man Overboard il y a un peu plus d’un an. Depuis, ils ont signé sur Rise Records, leur troisième opus Listen and Forgive est sorti et la fanbase s’est élargie. Une petite intro et c’est parti pour « Please Head North ». L’occasion pour ceux qui les découvrent d’observer le jeu scénique plutôt original du frontman Joe Boynton (définitivement un des musiciens les plus bavards de tous les temps, même si ce n’est pas évident sur scène) qui rappelle plus celui d’un rappeur que ceux de ses collègues chanteurs pop-punk. Tant mieux, ça nous changera un peu des photos de ce genre.
Le chant manque parfois de justesse mais la conviction est là. Les nouveaux morceaux du groupe, majoritaires dans la setlist (« 1978″, « All Your Heart », « I Think I Know You » et le lumineux single « Long Lost Friends »), plus indie pop, sont pour les musiciens l’occasion de montrer un peu plus l’étendue de leur talent que sur leurs précédents tubes pop-punk imprégnés de post-hardcore. Ce sont pourtant bien des morceaux comme le fabuleux « Stay Home » qui haranguent la foule, titre qui clôturera leur set.

Balance And Composure
Balance And Composure
Changement de rythme avec Balance And Composure. Premier concert en Europe pour le groupe qui a pourtant déjà quatre ans d’existence et autant de disques à leur actif. Parlons-en, de leurs disques. Je passe le premier EP I Just Want to Be Pure dont ils ne veulent même pas entendre parler, on veut bien fermer les yeux sur l’excellent Only Boundaries dont ils n’aiment plus non plus les morceaux, mais quand même les gars, le split avec Tigers Jaw est sorti l’an dernier seulement et vous en avant déjà assez d’en jouer les morceaux ? C’est bien dommage, ces morceaux de Balance étant certainement les plus énergiques et adaptés au live que le groupe ait sorti. Ce devait être notre jour de chance puisque ce soir au Batofar la fine équipe de Doylestown, Pennsylvanie insèrera « Show Your Face » (transformée en « Show Your Titz » sur la setlist) au milieu des morceaux de leur premier album Separation.
Car ce sont bien les plus lourdes et plus lentes composition du disque sorti en mai sur No Sleep Records qui composent désormais les sets de Balance And Composure. Et leur façon de retravailler ces morceaux avec énormément d’effets (et un temps fou passé à l’accordage) et de parties instrumentales laisse penser que leurs prochains morceaux seront encore plus orientés post-, avec, parions-le, un fort côté grundge. Précisons également que le groupe est accompagné d’un troisième guitariste sur scène, dont la présence ne sera pas forcément justifiée par le rendu final, la basse absorbant les guitares et le chant étant quasiment inaudible. « Quake », « I Tore You Apart in My Head » ou « Void » ne sont pas pour autant défigurés et la prestation du groupe, bien que déconcertante pour un public présent depuis le début de la soirée et ne les connaissant pas, héritera d’un accueil timide mais réceptif. Petit bémol, le morceau « Separation » pourtant inscrit sur la setlist et scandé par plusieurs membres du public sera zappée par le groupe, sans doute par la mauvaise forme qu’affichent déjà.

Title Fight.
Title Fight
La fin de soirée arrive rapidement, c’est déjà le tour des headliners de Title Fight de grimper sur scène. Les jeunes premiers sortent tout juste d’une longue chevauchée des States en charmante compagnie (Four Year Strong, Gallows, The Swellers, SHARKS) à l’occasion du Alternative Press Tour et l’enchaînement a visiblement été difficile, plusieurs d’entre eux étant malades. Ned Russin (chant/basse) est particulièrement mal au point mais impossible de le deviner sur scène tant le hardcore kid est énergique. Seule sa mauvaise mine trahit un début de grippe mélangé à un mal de mer, au point qu’on le croirait saoul si on ne savait qu’il n’a jamais bu une goutte d’alcool de sa vie. La prestation n’en sera pas moins excellente : Title Fight est un groupe de live, assurément.
Enchaînant à un rythme effréné les tubes melodic hardcore pop-punkisants de leurs débuts aux délicieuses compositions plus emo/post-hardcore de leur premier album Shed. Peu de blabla, les quatre gosses sont là pour jouer. « Memorial Field », « Loud and Clear », « Symmetry », « 27″ : autant de tubes qui réveilleront un peu le devant de la foule. Un rappel (un vrai) viendra redonner le sourire au public avec là encore sa dose de sauts de cabri de la part de Ned et une dernière chanson dont le choix sera laissé aux fans par Jamie. Un ultime sing-along et puis s’en vont. Set légèrement écourté par l’état de santé du groupe mais brillamment exécuté. Title Fight – 1, France – 0.

Title Fight.
Le Sink or Swim Fest n’aura pas tenu ses promesses mais ce ne fut ni la faute des groupes, ni de l’orga. Des prestations entachées par la petite forme des Ricains et une ambiance catastrophique prouvant une ultime fois que la France n’est pas l’endroit pour faire ce genre de date laissent un goût amer à la vue d’un line-up qui aurait pu faire de ce concert le meilleur de l’année.
Review par Romain J.
Photos par Apo M.
Plus de photos sur le Flickr d’Alternativ News.
Merci à Only Talent.
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[Article publié sur Alternativ News]