Live : Trapped Under Ice + Man Overboard + Basement – La Boule Noire, Paris – 01/04/12

Il serait un peu exagéré de qualifier l’affiche du soir de La Boule Noire d’éclectique. Il y a pourtant bien une nette et visible séparation entre deux types de publics devant la salle : des jeunots en t-shirts Drop Dead armés de New Era face à d’autres plus près des trente ans arborant leur plus beau merch de hardcore tough guy. Pas de doute, les premiers attendent Your Demise, les seconds Trapped Under Ice.

Mais avant ça, deux intermèdes de choix, à commencer par les Anglais de Basement. Malheureusement pour eux, ils dérouleront leur set devant une salle aux trois-quarts vide, la majorité des gens étant plus occupés à profiter du soleil dehors. Dommage pour eux, car les cinq kids d’Ipswich joueront le meilleur show de ceux que j’ai pu les voir donner. Leur jeu s’est amélioré, les guitaristes se rapprochant grandement des atmosphères confinées de leur premier album I Wish I Could Stay Here. Le chanteur Andrew Fisher fait quant à lui toujours aussi bien le boulot : si son chant est en permanence juste sur disque, il l’est aussi sur scène. Il est rare de voir un chant aussi maîtrisé dans les groupes de cette veine. Même devant dix Français (dont cinq enthousiastes qui sont des lecteurs fidèles, ils se reconnaîtront), Basement auront assuré leur set avec leur superbe emo/punk vaporeux.

Suivent Man Overboard. Les changements de line-up amènent le groupe à exécuter ce soir un set avec trois guitaristes. Le pop-punk du jeune groupe du New Jersey est réputé pour être un peu plus musclé en live et c’est vrai que les compos de leurs deux albums sont jouées avec plus de punch et surtout plus rapidement. Ajoutez à cela que l’on a du mal à discerner les paroles cucul au possible des cinq gars et Man Overboard devient beaucoup moins cheesy sur la scène de La Boule Noire. À noter le t-shirt Atticus de Zac, je n’en avais pas vu depuis 2006 facile (mais je ne vais pas aux concerts d’Angels And Airwaves, aussi). Le set d’une petite demi-heure se terminera sur l’habituel « Love Your Friends, Die Laughing » en version électrique, repris en chœur par les quelques têtes enthousiastes au premier rang.

Quand des casquettes débarquent sur scène, c’est que le hardcore n’est pas loin. Et effectivement changement de style avec l’arrivée des costauds de Trapped Under Ice. Venu de Baltimore, TUI est incontestablement un des groupes hardcore les plus en vogue des dernières années. Gros riffs, chant des enfers, batterie one-two, one-two, Le NYHC des gars de Baltimore sait bouger les foules et on en aura encore la preuve ce soir. « Live with the viiiiiiiiiice » : l’intro de la demo Stay Cold retentit et le pit s’anime de long en large. Ce bon vieux Justice Tripp, frontman gangster de la troupe, est affublé d’un K-Way et d’un gros bonnet noirs alors que la chaleur m’a amené à me pointer en short. Très vite, on se jette sur lui pour tâter du micro et scander les paroles en chœur. Pas mal de morceaux du presque surprenant nouvel album Big Kiss Goodnight y passeront, surtout les plus heavy, occultant le tube punk « You And I » que j’espérais voir interprété. Le groupe est en forme et le pit aussi, ça moshe sec, au point que je me prenne un bon coup dans les dents, mais c’est un passage obligé pour apprécier Trapped Under Ice.

Ce sacré bagarreur de Justice (je ne reparle pas du concert en Allemagne où il avait frappé un fan l’an dernier… ah ben si je viens de le faire) nous donnera presque envie de lui faire garder nos enfants lorsqu’il nous confie qu’il n’est pas monté avec le reste du groupe en haut de la Tour Eiffel car il a le vertige, et qu’il est allé manger à McDo à la place. Le tout en mini t-shirt découpé au-dessus du nombril, mais le bonnet toujours enfoncé jusqu’aux yeux. Les concerts de hardcore, c’est toujours l’occasion de s’en payer une bonne tranche. Mais les hostilités continuent avec les classiques du groupe, du fan-favorite « Stay Cold » aux poids-lourds du premier album « See God » et « TUI », qui sera l’occasion pour les fans catcheurs de crier leur amour au gang du Maryland : « TUI, until I die! ». Le set se termine un peu trop rapidement de l’avis des premiers rangs mais Trapped Under Ice, si l’affiche ne leur a pas permis d’attirer ce soir autant de monde qui le font d’habitude dans les caves hardcore de la capitale, a une nouvelle fois envoyé le bois sur le ring.

Les plus jeunes repasseront devant pour le hardcore édulcoré et sponsorisé Monster Energy de Your Demise, mais c’est pour moi le moment de quitter la salle. Leatherface jouent en effet ce même soir, et il ne s’agirait pas de rater ces vieux larbins même si à cette heure-là, ils étaient déjà bien imbibés.

 

Report par Romain J.
Vidéos par l’iPhone de Romain J. (désolé)
Merci à Only Talent.

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